Les îles Gambier, un Musée d'Histoire pour l'Océanie

Les îles Gambier, un Musée d'Histoire pour l'Océanie

. Ile de Pâques - 1722

Les trois vaisseaux de Jacob Roggeveen :

L’île de Pâques,

Partis de Texel aux Pays-Bas le 1er Aout 1721 et passant par le Cap-Horn, les trois navires vont remonter l’Océan Pacifique, passer par l’île de Pâques le 6 Avril 1722 (jour de Pâques) pour ne rejoindre qu’à deux (l’un des trois vaisseaux s’échoua en route) Batavia (Jakarta) en Indonésie.

Histoire de l’expédition de trois vaisseaux par Jacob Roggeveen :

Curiosité des insulaires :

Roggeveen ne put malheureusement et à cause du vent rester plus de deux jour à l’île de Pâques. 150 hommes purent mettre pied à terre, tant soldats que matelots (les soldats firent un peu usage de leur arme, et, P.128 « par malheur, le feu que nous avions fait sur eux en avait tué plusieurs »). Il écrit plus loin P.138 que si ses vaisseaux auraient chaviré, le malheur n’aurait pas été fort grand : « nous aurions pu vivre tranquillement parmi ces insulaires et nous servir de cette occasion à les convertir au christianisme ».

P.125 le premier jour « nous vîmes plusieurs milliers de ces insulaires. Quelques-uns nous apportèrent des poules avec quantité de racines apprêtées et accommodées à leur manière. D’autres restaient sur la côte, courant et revenant d’un endroit à l’autre ; ils vinrent en foule voir nos vaisseaux de plus près, apparemment curieux du spectacle ou pour savoir ce que nous désirions ».

Les Moais : Statues et Marae :

P.135 « Ces statues, érigées en quantité sur les côtes, étaient toutes de pierre, avec une figure d’homme portant de grandes oreilles. La tête était ornée d’une couronne, le tout proportionné avec art. Autour de ces statues il y avait un dallage fait de pierres blanches sur vingt à trente pas à la ronde ».

P.125 « ils allumèrent des feux aux pieds des moais, pour y faire des offrandes et pour y implorer leurs dieux ».

P.134 « en cas d’attaques, ces pauvres gens se fient entièrement à ces moais ».

P.135 « certains habitants viennent à ces statues plus fréquemment et avec plus d’allure et de dévotion, ce qui nous fit penser que c’étaient des prêtres, d’autant plus qu’on voyait sur eux quelques marques distinctives ».

Les chefs et les plumes :

P.126 « Il y avait parmi eux un homme tout à fait blanc, qui portait des pendants d’oreille ronds et blancs, de la grosseur du poing. Il avait l’air extrêmement dévot (l’air d’un grand sage, il semblerait qu’il était un de leurs prêtres ».

P.135 « Les chefs responsables de ces statues portaient de grosses boules à leurs oreilles et avaient la tête toute rasée. Ils portaient une coiffe faite de grandes plumes blanches et noires ».

P.137 « Les insulaires et leurs chefs se côtoient et se parlent sans distinction. Les plus âgés d’entre eux portent sur la tête des plumes ressemblant à celles de l’autruche, et un bâton à la main ».

Les ancêtres :

P.137 « Dans chaque maison ou famille, le plus ancien y gouvernait et donnait des ordres ».

P.126 « Ils s’étaient, de grand matin, prosternés le visage tourné vers le soleil levant ».

P. 124 Il implorait : « Odoroga, Odoroga ».

 

La nourriture :

P.138 « Tout y est cultivé et labouré ; cette île est remplie de bois et de forêts ».

P.131 « Tout y est planté, semé, et labouré Les arpents étaient séparés les uns des autres avec beaucoup d’exactitude, et les limites tirées au cordeau. Les champs et les arbres étaient chargés de fruits et plantes à maturité ».

P.131 « Pour préparer leurs mets, ils se servent comme nous des pots de terre. Chaque famille possède son propre hameau, séparé des autres. Les cabanes font une quinzaine de mètres de long sur 2 de larges et leurs bois de soutien sont cimentés par une sorte de limon. Le toit est fait de feuilles de palmier ».

P.137 « Dans chaque maison ou famille, le plus ancien semble gouverner et donner des ordres ».

P.131 « Ils ont des cochons comme ceux que nous avons dans nos vaisseaux ».

Une forme de commerce, le troc…

P.128 « Leurs présents consistaient en figues d’Inde, noix de coco, cannes à sucre, racines et poules ».

P.122 « On lui donna d’abord une pièce de toile pour se couvrir. On lui offrit aussi quelques babioles qu’il pendit toutes à son cou avec un poisson sec. On lui mit un chapeau ».

P.124 « Nous le renvoyâmes chez lui en lui laissant tous ces petits présents, afin que les autres puissent savoir de quelle manière nous l’avions reçu ».

              Déjà habitués à offrir leurs femmes :

P.129 « Ils nous présentèrent leurs femmes en nous faisant savoir que nous pouvions disposer d’elles et en amener quelques-unes dans nos vaisseaux ».

P.134 « Des femmes, restées dans leurs maisons, nous appelaient et nous firent signe de venir auprès d’elles ».

P.129 « ils nous montrèrent leurs femmes… que nous pouvions disposer d’elles…. en amener dans nos vaisseaux. Touchés de toutes ces gentillesses et de cette soumission la plus parfaite, nous ne leur fîmes aucun mal. Au contraire, on leur fit présent d’une pièce entière de toile peinte de 70 mètres, des pacotilles et des petits miroirs ; comme ils virent par-là que notre dessein était de les traiter en amis, ils nous apportèrent 500 poules, toutes en vie. Ces poules ressemblent à celles de l’Europe. Ils les avaient accompagnées de racines rouges et blanches et d’une grande quantité de pommes de terre dont le gout est à peu près celui du pain, quelques centaines de cannes à sucre, de grosses figues d’Inde à la chair douce comme du miel ».

Des coups de feu : « une forme de commerce, de troc…mais donc de peur partagée »…

P.126 « Un de ces insulaires qui était dans son canot fut tué d’un coup de fusil, je ne sais pas pourquoi. Cet accident malheureux répandit parmi eux une grande consternation…

P.128 « Par malheur, le feu que nous avions fait sur eux en avait tué plusieurs, entre lesquels était celui qui était venu le premier au-devant de nous, ce qui nous chagrina beaucoup. Leur consternation était très grande, ils firent des cris et des lamentations lugubres. Ces bonnes gens, pour récupérer les corps, nous apportèrent de nouveau beaucoup de nourriture ».

        Peuple gai… mais soumis, peureux et craintif :

P.122 « on demanda aux musiciens de jouer ; le concert lui donna beaucoup de gaieté, et chaque fois qu’on le prit par la main, il se mettait à sauter et à danser ».

P.123 « Gai vif, agréable dans ses gestes et lorsqu’il parlait ».

P.132 « vifs, bien faits, vigoureux, assez minces, courent avec beaucoup de vitesse. Ils ont l’air doux, agréable, modeste et soumis et ils sont extrêmement peureux et craintifs ».

P.134 « Les habitants de cette île ne portent point d’armes, et en cas d’attaque, ces pauvres gens se fient entièrement à l’assistance de leurs statues érigées en grande quantité sur les côtes ».

 

Différentes ethnies :

P.133 « Ils sont en général bruns, comme les Espagnols. On en trouve d’autres d’assez noirs, et d’autres tout à fait blancs. Il y en a encore dont le teint est rougeâtre, comme brûlés par le soleil. Les oreilles leur pendaient jusqu’aux épaules et quelques-uns y portaient deux boules blanches comme marque de grande distinction.

Tatouage :

P.122 « son corps était tout peint de toutes sortes de figures ».

 P.133 « Ils ont le corps peint de toutes sortes de figures d’oiseaux et d’autres animaux, les uns plus beaux que les autres ».

Oreilles allongées : 

P.123 « Les oreilles étaient extrêmement longues et pendaient jusqu’aux épaules, comme on voit cela aussi parmi les noirs du Grand-Moghol (l’Inde) ».

Tapa et fards, Rouge et blanc, deux couleurs très en usage :

P.128 « Tous, hommes, femmes et enfants venant au-devant de nous portaient des branches de palme et une espèce d’étendard rouge et blanc. Ils se jetèrent ensuite à genoux, plantèrent leurs drapeaux devant nous, et nous présentèrent leurs branches de palmes en signe de paix ».

P.132 « Dans leurs maisons il y avait peu de meubles, et des couvertures rouges et blanches qui leur servaient tantôt de vêtements, tantôt de matelas, l’étoffe étaient douce au toucher comme de la soie ».

 P.133 Les femmes sont en général fardée d’un rouge très vif et qui surpasse de beaucoup celui que nous connaissons ; nous n’avons pu découvrir comment ces insulaires composent une couleur aussi belle. (cf Marquises)

P.134 » Elles se couvrent de couvertures rouges et blanches et portent un petit chapeau fait de roseau ou de paille ».



10/05/2016
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