Les îles Gambier, un Musée d'Histoire pour l'Océanie

Les îles Gambier, un Musée d'Histoire pour l'Océanie

. Iles Marquises - 1795

Annie Baert - Marquises de la Mer du Sud – « Les premiers voyages en Océanie » par Dona Isabel Barreto

 

P.100 « Notre petite armada se composait de quatre navires…et de 400 personnes. Le 7 mars 1795 mon mari don Alvaro de Mandan nomma son chef pilote ; ce fut le grand marin Pedro Fernandez de Quiros ».

P.112 Partis de Callao (Lima) au Pérou le 9 Avril 1595, puis de Paita le 16 Juin, le convoi arrive aux îles Marquises le 21 Juillet 1595 avant de poursuivre le 5 Aout 1595 jusqu’aux îles Salomon…

Arrivée aux îles Marquises :

« On avertit les trois autres navires de deux coups de canon, comme c’est l’habitude en haute mer. Nous nous agenouillâmes tous et les prêtres entonnèrent le Te Deum laudanums, remerciant Dieu de nous avoir permis de trouver la terre que nous cherchions… Nous avions fait la traversée « vent en poupe », dans les deux sens du terme, au propre et au figuré »

Deux semaines aux Iles Marquises :

Pirogues

P.113 « nous vîmes venir vers nous des dizaines de canoës sur lesquels ramaient entre trois et dix indiens ».

P.129 « ils ont de grandes pirogues capables de porter de trente à quarante rameurs et de naviguer très loin.

Ils faisaient leurs cordages avec de la bourre de coco, et creusaient les troncs d’arbre en se servant d’os de gros poissons ou de coquillages, affûtés sur certains rochers destinés à cet usage ».

Déjà habitués à devoir se défendre ; des lances et des pierres :

P.113 Du fond de leurs pirogues sortirent soudain des lances et des pierres…nos fusils en tuèrent plusieurs d’entre eux ».

Des coups de feu :

P.120 « Le maître de camp partit sur la chaloupe avec 20 soldats mais, avant même de toucher terre, ils se virent cernés par un grand nombre de canoës : se sentant en danger, et, voulant assurer leur sécurité, ses hommes tuèrent quelques insulaires… ces malheureux coups de feu étaient préventifs, et le triste est qu’ils furent inutiles car la chaloupe revint à bord sans avoir trouvé de mouillage ».

P.127 « Malgré cette atmosphère paisible, les jours suivant virent pourtant d’autres scènes horribles, comme celle où les soldats tuèrent huit Marquisiens qui nous apportaient des cocos, sous le prétexte qu’en fait ceux-ci seraient venus pour étudier nos points faibles et préparer une attaque ».

Déjà habitués à devoir se défendre ; des lances et des pierres :

P.113 Du fond de leurs pirogues sortirent soudain des lances et des pierres…nos fusils en tuèrent plusieurs d’entre eux ».

P.128 Disons que si c’étaient des agneaux, ils étaient prudents… ».

 

Drapeau blanc

P.118 « Plus tard, trois d’entre eux s’approchèrent en pirogue, brandissant un rameau vert et quelque chose de blanc – langage universel de ceux qui réclament la paix -…

Mon mari baptisa l’ensemble de l’Archipel sous le nom de Islas Marquesas de Mendoza en signe d’hommage au bon vice-roi don Garcia de Mendoza qui rendit le projet de voyage possible ».

Une forme de commerce, le troc…

      La nourriture :

P.113 Nous avions compris qu’ils se montraient hospitaliers, nous offrant ensuite des noix de coco, des bananes et de l’eau qu’ils apportèrent dans des bambous car ils n’ont pas de récipients en terre cuite. Ces premiers cadeaux montrent qu’eux aussi savaient ce qu’est une longue traversée dans ce grand océan et ce qu’on désire le plus en arrivant à terre…Ils étaient plus grand d’une tête que n’importe lequel de nos hommes…

P.113 Les soldats leur donnèrent des chemises, des chapeaux et d’autres babioles…ces hommes qui ne connaissaient pas le métal possédaient sur eux des couteaux, en bambou bien affutés, avec lesquels ils coupaient à leur guise des morceaux du lard et de la viande séchée qui pendaient dans les haubans du vaisseau ! Avaient-ils faim à ce point ?... Ils se saisirent de tout ce qu’ils voyaient en ignorant pourtant l’usage de ce qu’ils prenaient et sans savoir que tous ces objets étaient indispensables à notre survie… On fit alors tirer un coup de canon, en l’air bien-sûr, et le bruit fut suffisant pour qu’ils se jettent à l’eau.

       Déjà habitués à offrir leurs femmes :

P.122 « pendant que les hommes apportèrent de l’eau dans des noix de coco, de bon gré ou par peur de représailles, les belles Marquisiennes s’approchèrent des soldats et leur apportèrent –d’autres fruits- comme le raconta le capitaine Quiros, avec son habituelle pudeur. Les hommes trouvèrent cette attitude charmante, mais les prêtres la jugèrent scandaleuse. Quand à mon mari, cela lui rappela un peu ce qu’il avait vécu aux îles Salomon en 1568, avec toutefois deux différences : les femmes cette fois n’avaient pas été offertes mais étaient venues d’elles-mêmes, et surtout, elles étaient extrêmement belles et avaient les dents bien blanches ». ».

Des chiens :

P.121 « Ils ont des chiens sur leur île, ils les appellent nu’e, et j’aime à penser que la chienne péruvienne qu’ils volèrent a peut-être eu des petits ».

Tatouages

P.113 « Ces gens étaient beaux, ils avaient le teint clair ou légèrement hâlé, les cheveux longs, certains les avaient plutôt châtains. Ils avaient le corps entier, y compris le visage, couvert de dessins bleuâtres, dont certains représentaient des poissons. Comme on pouvait s’y attendre, les indiens montrèrent un grand intérêt et une grande curiosité…

La Tapa

P.124 « Une très jolie jeune fille vint s’asseoir près de moi et se mit à me donner de l’air au moyen d’un bel éventail de palme tressée. Elle était couverte, de la poitrine jusqu’aux pieds, d’une toile fine, de couleur claire, que les femmes confectionnent en frappant des morceaux d’écorce avec un petit marteau de bois, jusqu’à obtenir la finesse et la souplesse souhaitées, et qu’elles appellent tapa ».

Bois de santal pour coquetterie :

P.125 « Elle portait à l’oreille une fleur blanche de tiaré, très parfumée, et au cou, un collier de graines rouges et noires, auquel était accroché un curieux paquet enveloppé de feuilles fraiches de basilic qui contenait des copeaux de bois de santal et des pétales de fleur – j’ai reconnu l’odeur du santal car mon mari en avait ramené des Salomon et, depuis, c’était pour moi le symbole des îles. Le mélange qui s’en dégageait aurait enivré n’importe qui, et je compris alors ce que racontaient quelques-uns de nos hommes quand ils revenaient à bord. Cette façon naturelle de se parfumer est vraiment le comble du raffinement et de la coquetterie ».

Le sacré :

P.124 « Le 28 Juillet, nous allâmes à terre où le vicaire dit la première messe de l’expédition sur une verte prairie proche de la plage, devant les Marquisiens qui s’étaient rassemblés pour nous observer. Je ne pourrais affirmer qu’ils savaient ce que nous étions entrain de faire, mais ils devinèrent sans aucun doute, le caractère sacré de l’évènement, car ils gardèrent un silence respectueux, imitant tous nos gestes et s’agenouillant quand ils nous voyaient le faire ».

 

Arbre à pain et son fruit le uru :

P.129 « Cet arbre, qui ressemble au Rima des Philippines (du chiffre cinq comme les doigts de la main et qui fait penser à la forme dentelée des feuilles grandes et découpées, est l’arbre à pain que les Marquisiens appellent me’i. Il semble qu’ils en firent goûter de plusieurs préparations du uru à Quiros, comme celle qui donne une pâte acide conservée pendant des mois dans d’astucieux silos enterrés prévus pour d’éventuels temps de disette. Ces gens que certains ont nommé - primitifs- avaient la notion de prévenir l’avenir

Remarque : Ce sera pour rapporter des uru ou de quoi planter l’arbre qui les porte que le Capitaine Blight partait en 1787 à bord du Bounty, pour nourrir à peu de frais les esclaves des Caraïbes.



10/05/2016
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